Archives de Tag: ergonomie

[Journée d’étude] JGE 2017 – Les Instances Représentatives du Personnel dans la pratique de l’ergonomie et de la Prévention ? Pourquoi faire et comment ?

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La journée thématique Grand-Est organisée par la SELF et hébergée par l’université de Lorraine se déroulera le 10 novembre.

Elle aborde une question Ô combien d’actualité (voir notre billet sur la réforme du code du travail) : les IRP ou Instances Représentatives du Personnels.

Plusieurs questions seront abordées : Comment l’intervenant s’adapte aux cadres réglementaires  ? Comment les différents acteurs de la santé au travail coopèrent ? Comment la promotion active du point de vue de l’activité contribue à faire évoluer le dialogue social et favorise la prévention des risques professionnels ?

Des témoignages et interventions ainsi que des échanges et des débats rythmeront cette journée où j’aurai la charge d’assurer le fil rouge.

L’événement se déroulera le 10 novembre 2017 de 9h30 – 17h00 à la Faculté de Médecine de l’Université de Lorraine (9 Avenue de la Forêt de Haye, 54505 Vandoeuvre-lès-Nancy / Amphithéâtre LEPOIS).

Les inscriptions sont à réaliser en ligne sur le site de la SELF à partir du mois de septembre ou sur place auprès des organisateurs. Pour en savoir plus, la plaquette (.pdf) et pour toutes questions, un unique mail : jge2017@ergonomie-self.org.

[TV] Ergonome, un métier qui s’intéresse à l’activité

Bénédicte Pichard, ergonome membre d’ATEMIS, revendique et argumente le point de vue de l’activité sur un média télévisuel généraliste (France 3 Bretagne). Une excellente prestation qui donne à voir la réalité actuelle du travail des ergonomes, bien loin de l’image d’Epinal habituelle.

Lien vers France 3 Bretagne : L’ergonomie expliquée par Bénédicte Pichard

C’est confidentiel !

314900Voici le film qui a fait entrer début 2016 de façon explicite les ergonomes dans le panthéon des professions martyrisées par le cinéma.

Cela a provoqué un débat sur [Ergoliste] et a incité la SELF (Société d’Ergonomie de Langue Française) à faire un billet sur le sujet. Sur Ergoliste, Eric Brangier a relevé les manquements à la méthodologie et à la déontologie des ergonomes. Sur cette même liste, Jean Schram a défendu l’idée qu’il s’agit d’une forme de reconnaissance ; le cinéma maltraitant de toutes façons régulièrement de nombreux métiers.Tout était dit.

Il m’a fallu un an pour voir le film d’Olivier Loustau sorti récemment en DVD.  L’ergonome du film a une activité qui tient d’avantage de la physiologie du travail que de l’ergonomie d’aujourd’hui. Tant pis. Ce sera déjà un grand pas pour ceux qui ne connaissent de l’ergonomie que la souris et le fauteuil ergonomiques. Et puis, il y a l’apparition de Florence Thomassin que j’apprécie beaucoup. Je me laisse séduire…

…jusqu’à ce que je tombe sur ce dialogue :

« L’ergonome : qu’est-ce que vous notez ?
L’opérateur : et vous ?
L’ergonome : c’est confidentiel ! »

« C’est confidentiel ! ». Par cette réponse, c’est tout le positionnement des ergonomes qui est remis en cause. Un ergonome sera toujours transparent sur ses prises de notes. C’est une question de déontologie mais pas uniquement. Il sera transparent car il construit, entre autres, avec les opérateurs mais également parce qu’il construit, entre autres, pour les opérateurs. Il n’a aucune raison de ne pas l’être. L’ergonome n’est pas un consultant en réorganisation comme ceux de l’excellent Violence des échanges en milieu tempéré de Jean-Marc Moutout. Ces quelques mots me font ainsi penser que le film donne une image vraiment plus dégradée que ce je pensais à l’origine de ce métier si méconnu. C’est bien dommage.

[Video] Ergonomie, travail réel et intervention

Suite à l’article sur l’entreprise libérée et le travail réel,  nous avons compris qu’il serait bon de fournir quelques bases en ergonomie.

Marie Bellemare, coauteur de l’excellent livre ci-contre (voir image) a déjà fait le travail pour nous lors du colloque « Les interventions à portée éthique dans les organisations. Entretiens multidisciplinaires »de 2013 (Université Laval).

Dans la première partie de la vidéo ci-dessous, elle reprend tout le socle de l’ergonomie de langue française sur la base de l’ouvrage « Comprendre le travail pour le transformer : la pratique de l’ergonomie  » de Guérin et al.

Sur cette base et l’étude de plusieurs interventions, un modèle de l’intervention par des ergonomes expérimentés est proposé par Marie Bellemare dans la seconde partie de la vidéo.

Si vous pensez toujours que le travail des ergonomes est de choisir, par exemple, un siège ergonomique, cette vidéo est faite pour vous !

[Manifestation] Journée SELF 24 juin 2015 : Ergonomie et institutions représentatives du personnel : quel rôle, quelle coopération en vue de développer le pouvoir d’agir des salariés ?

LogoSelfLa SELF organise mercredi (le 24 juin) une journée consacrée à la pratique de l’ergonomie dans le cadre du dialogue social, récemment réformé par la Loi dites « Macron ».

Ce sera sans nul doute une journée intéressante  : regardez le programme pour en être juge. Plusieurs « types » d’intervention seront présentées (en faisant varier le cadre : SST, expert CHSCT, ergonome interne)…

Comme un écho, la journée du 30 juin du CINOV traite de la pratique des ergonomes : y aurait-il un véritable problème pour les praticiens pour que les journées se succèdent sur ce thème ?

[Manifestation] Séminaire CINOV ergonomie 30 juin 2015 – Crise économique, crise de développement – Le conseil en ergonomie en quête d’identité

Le prochain séminaire CINOV se penche sur une question actuelle : l’évolution de la pratique de l’ergonomie dans le contexte économique que nous connaissons aujourd’hui.

Des échanges fréquents avec des collègues laissent penser que les ergonomes consultants sont de plus en plus souvent confrontés à une baisse des coûts du conseil en ergonomie, contraignant à innover sur le plan  méthodologique.

Ce sont même parfois les clients eux-mêmes qui posent les jalons méthodologiques pour limiter les coûts comme l’EPAAST (étude préalable à l’aménagement et l’adaptation des situations de travail) de l’AGEFIPH qui prescrit énormément, emballe le dispositif dans un « reporting » massif et ne ressemble finalement plus que de loin à une intervention ergonomique.

Les ergonomes internes ne sont pas en reste avec une pression forte sur les moyens et sur le temps à leur disposition.

Ce séminaire peut être précieux pour proposer des pistes et alerter sur les risques associées à chacune d’elle.

Cela se déroulera le 30 juin à Paris.
Pour le programme de la journée
Pour vous inscrire : le bulletin (90 euros)

Quel avenir pour les CHSCT ? Les délégués du travail réel (JP Bourne et R.Villatte)

Nous vous proposons aujourd’hui un texte de Jean-Paul BOURNE et Robert VILLATTE d’abord diffusé sur Ergoliste et qui nous a paru vraiment intéressant. Merci à eux pour leur autorisation.

 

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QUEL AVENIR POUR LES CHSCT ?
Les délégués du travail réel

Jean-Paul BOURNE – ergonome européen CEFORE – ex- permanent syndical chimie CFDT Rhône-Alpes

Robert VILLATTE  – ergonome – ex- permanent syndical à la Fédération de la Chimie-Energie CFDT – ex- délégué général de l’Institut pour l’amélioration des conditions de travail

Lettre ouverte aux négociateurs et au législateur

De récents articles parus dans la presse, les débats actuels autour du travail, des seuils sociaux et des instance représentatives des salariés dans les entreprises, posent le problème de la santé et de la sécurité des travailleurs et des patrons, notamment dans les TPE. Les éléments en notre possession nous font craindre un retour en arrière concernant la santé et la vie des personnes exposées aux produits dangereux ou soumises à des conditions de travail difficiles.

En tant qu’anciens permanents syndicaux devenus ergonomes et formateurs, à la retraite depuis 10 ans, nous pensons que les CHSCT sont une pièce essentielle pour intervenir sur les problèmes d’organisation du travail et de santé des personnels d’une entreprise (patrons compris), surtout dans les TPE où ces structures n’existent pas, mais où l’on trouve quelques délégués isolés et des patrons très peu informés des aides possibles pour résoudre les problèmes d’organisation du travail. Peu de gens savent ce qu’est un CHSCT et à quoi il sert. Nous sommes bien placés pour le savoir puisque en trente ans de carrière à nous deux nous avons formés plus de 1.500 membres du CHS d’abord, puis du CHSCT depuis les lois Auroux.
L’ajout de ces deux petites lettres « CT », signifiant Conditions de Travail, a profondément modifié la mission de cet organisme pour les entreprises qui en possèdent un. Auparavant le CHS avait pour champ d’intervention l’hygiène et la sécurité et son action portait principalement sur les équipements de sécurité (chaussures, gants, lunettes de protection, postures pour le soulèvement des charges, entre autres…). Son intervention possible sur le champ des conditions de travail a permis aux délégués formés dans les CHSCT d’intervenir sur l’organisation du travail. Dans nos formations nous avons appris à ces militant à faire la différence entre le travail prescrit et le travail réel. Le CNAM (Laboratoire d’ergonomie du Professeur Wisner) nous a formé et nous a donné les outils d’analyse nécessaires. Pour faire court, en trente ans d’expertises interprofessionnelles nous avons pu mettre en évidence les dysfonctionnements organisationnels, faire augmenter l!
a productivité et parfois… développer l’emploi dans les entreprises des secteurs analysés.

En s’appuyant sur le travail réel des opérateurs, on peut éviter des situations dangereuses, on peut manipuler en sécurité des produits toxiques, on évite aussi l’absentéisme qui coût cher à l’entreprise. On évite aussi aux personnes qui sont en contact des produits de tomber malade, soit dans l’immédiat, soit parfois 40 ans après pour certains cancers et donc on évite un coût considérable pour la Sécurité Sociale et on sauve des vies. C’est un deal gagnant/gagnant.
Cependant, nous ne sommes pas naïfs. En trente ans, nous avons rencontré des situations différentes dans les entreprises du privé, du secteur social, ou de l’Etat. Dans ces secteurs très différents, on rencontre des managers soucieux de bonnes conditions de travail et d’autres dont le cynisme n’a d’égal que leur incompétence et leur ignorance du travail réel. C’est la première catégorie qui nous intéresse !

Dans les TPE, très souvent, le patron et les travailleurs rencontrent les mêmes problèmes d’organisation du travail ou de protection vis-à-vis des toxiques par exemple. Bien peu d’entre eux connaissent les dangers des produits qu’ils manipulent. Il existe donc un besoin d’information pour pouvoir travailler en sécurité. Actuellement les membres chargés de la sécurité peuvent s’informer auprès des CARSAT, de l’INRS, de l’ANACT, du CNAM entre autres. Egalement, ils pourraient se servir du vivier des ergonomes existant en France qui pourraient sur une ou deux journées apporter leurs compétences. Pour les TPE ces journées pourraient être financées par les CARSAT au même titre que les formations qu’elles dispensent par ailleurs.

Le gouvernement actuel cherche à mettre en œuvre des réformes simplifiant le fonctionnement des entreprises. Nous n’y sommes pas hostiles si les mesures préservent la santé de ceux qui travaillent au quotidien dans les entreprises.
Au départ le projet prévoyait la fusion des institutions. Depuis la rencontre entre Manuel Valls et les partenaires sociaux, le projet a évolué pour les entreprises entre 50 et 200 salariés (étendu à 300 salariés) et les nouvelles propositions ne parlent plus de fusion des instances, mais de possibilité de Délégations Uniques du Personnel (DUP) intégrant le CHSCT si les délégués en sont d’accord.
Pour nous DUP ou non, il est essentiel que les délégués des CHSCT puissent continuer à suivre les formations prévues par les lois Auroux. Sinon ils seront dans l’incapacité de traiter les problèmes de réorganisation du travail ou la manipulation des produits toxiques pour ne citer que ces deux exemples.

En ce qui concerne la mise en place de Commissions Régionales Interprofessionnelles composées de 10 salariés et de 10 employeurs de TPE, l’article du Monde du 27 février 2015 indique : « ces commissions n’auraient évidemment aucun droit d’ingérence dans les entreprises ». En lisant cette phrase nous nous sommes posé la question suivante : à quoi vont-elles servir ?

Afin de contribuer à la réflexion nationale sur ces réformes nous proposons les réflexions et indications suivantes :

1 – Pourquoi parler de droit d’ingérence ? Parlons plutôt d’aides et moyens aux TPE pour améliorer leur fonctionnement, leur organisation, leur productivité. Toutes choses qui peuvent être obtenues par des méthodes d’analyse et des organismes existants qui permettront au dialogue social de fonctionner : le vrai, celui qui consiste à prendre en compte le travail réel et ses contraintes organisationnelles tout en préservant la santé des personnes et en améliorant la productivité. Ces commissions seraient alors des facilitatrices pour l’analyse et le dialogue, les patrons et les salariés restant, en dernier ressort, maîtres de leurs décisions négociées

2 – On peut suggérer que ces commissions fassent appel à des organismes existants CARSAT, ARACT… Ce qui suppose au passage que ces deux organismes disposent d’intervenants formés à l’analyse des activités réelles de travail.
On pourrait suggérer également que les salariés de ces institutions puissent, dans le cadre de la formation permanente, se former à l’ergonomie soit au CNAM soit dans des universités qui possèdent dans leur cursus des unités de valeurs en ergonomie. Ces salariés deviendraient alors des personnes ressources pour les Commissions Régionales Interprofessionnelles et répondre aux demandes des TPE. Ceci suppose sans doute des modifications des missions des 2 organismes, pour cela il faut une volonté politique forte de réformes. Elles est proclamée par le gouvernement : il lui reste à la mettre en œuvre. Il s’agirait d’une réforme intelligente apportant un service aux TPE. Les avantages nous semblent évidents : aides à l’entreprise sans charges supplémentaires, facilitation du dialogue entre patrons et salariés, préservation de la santé en évitant des maladies professionnelles et des accidents du travail. On peut suggérer que les délégués existant déjà !
dans les TPE voient leurs heures de délégations subventionnées par la branche accident du travail de la Sécurité Sociale. Cette dernière s’y retrouverait car si on chiffre les coûts du stress, des maladies et accidents, et si on peut les éviter, il y aura réduction des déficits. Le patronat et l’Etat ne calculent jamais ces possibilités d’économie. Nos propositions permettraient un pas en ce sens.

3 – Au-dessus de 300 salariés, les droits des CHSCT restent les mêmes, car la taille de l’entreprise permet largement de prendre en charge, voir d’améliorer la sécurité et la productivité par une réorganisation du travail prenant en compte le travail réel, aidés par les institutions déjà citées auparavant.

Notons au passage que les savoir-faire des travailleurs, si on en tient compte en leur donnant la parole et en les écoutant, peuvent être de formidables accélérateurs d’amélioration de la productivité. Ceci suppose un degré élevé de dialogue social dans l’entreprise ce qui n’est pas le cas de beaucoup d’entreprises françaises. Nous en voulons pour preuve les tragiques erreurs de management qu’on a vu fleurir chez Renault, EDF ou France Télécom amenant des travailleurs au suicide. Ces comportements doivent être bannis. Pour tuer la productivité d’un groupe, managez-le par le stress et sous serez sûr de couler l’entreprise, nous l’avons vérifié dans notre pratique de terrain. Certains l’ont compris, d’autres non !

4 – Le maintien des formations des délégués CHSCT doit perdurer car c’est la garantie de l’efficacité et de la pertinence des interventions des délégués. Sans le réseau des CHSCT, il existe un risque de dégradation de la prévention dans les entreprises qui amènera des milliers de travailleurs à une santé dégradée (produits toxiques, troubles musculo-squelettiques, burn-out…) et on verra concomitamment s’envoler les coûts pour les entreprise et pour les structures de l’Etat, plombant ainsi les bilans des entreprises et de la Sécurité Sociale.

Le gouvernement, dans son futur projet, doit tenir compte de la réalité des entreprises et ne pas céder aux sirènes absurdes de certains technocrates de Bruxelles qui n’ont jamais mis les pieds dans une entreprise et raisonnent uniquement à partir d’une courbe « idéale » de profits à réaliser. Attention, nous ne sommes pas contre l’Europe. Au contraire, celle-ci produit des lois protectrices en matière de Santé et d’Environnement à améliorer encore et dont on remarquera que certaines (loi sur l’eau) ne sont pas appliquées correctement en France.
Si réforme il doit y avoir, le contenu doit tendre vers plusieurs objectifs : santé et amélioration des conditions de travail et donc amélioration de la productivité. Ceci entraînera un cercle vertueux d’amélioration des résultats des entreprises et donc la réduction due déficit de l’Etat demandé par Bruxelles. A l’inverse, si la situation sanitaire des entreprises s’aggravait, on aurait des licenciements de travailleurs malades (déjà existant aujourd’hui) et coût inflationniste pour la Sécurité Sociale et également perte de rentrées de cotisations et d’impôts pour l’Etat, creusant à nouveau les déficits.

Permettre aux patrons et aux délégués d’intervenir sur le travail réel ne peut que faciliter le dialogue social dans l’entreprise.

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