Travail des femmes : travail à risque

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Dans « Photographie statistique des accidents de travail, des accidents de trajet, et des maladies professionnelles en France selon le sexe entre 2001 et 2015 » paru en mars 2017, l’ANACT fait le point sur 3 indicateurs courant de santé au travail :

  • les accidents du travail,
  • les accidents de trajet,
  • les maladies professionnelles.

Les évolutions globales de ces indicateurs en France sur la période 2001 à 2015 sont les suivantes :

  • les accidents du travail (nombre) : -15,3 %
  • les accidents du travail (taux de fréquence) : -11.3 %
  • les accidents de trajet (nombre) : +0.1 %
  • les maladies professionnelles (nombre) : +110,4 %

On notera un fait bien connu : l’explosion des maladies professionnelles sur cette période liée au troubles musculosquelettiques (TMS). La reconnaissance des risques psychosociaux (RPS) n’ayant pas aboutie, ils ne sont pas comptabilisés ici. Côté accidents du travail, la situation s’améliore pour l’ensemble de la population active.

Les évolutions de ces indicateurs sur la période 2001 à 2015 pour les femmes sont les suivantes :

  • les accidents du travail (nombre) : +28 %
  • les accidents du travail (taux de fréquence) : +6.2%
  • les accidents de trajet (nombre) : +16.3 %
  • les maladies professionnelles (nombre) : +155 %

Les chiffres montrent ici une tendance bien différente pour les accidents du travail que ce soit en nombre et en gravité. Ils augmentent pour les femmes alors qu’ils diminuent en moyenne. Les accidents de trajet des femmes augmentent également alors qu’ils stagnent en moyenne. Quand aux maladies professionnelles, l’explosion de leur nombre est encore plus importante pour les femmes qu’en moyenne. La moyenne cache donc des réalités bien différentes en fonction du genre. Un article du Monde avait déjà fait le point sur ce sujet en 2014.

La branche d’activité où les AT explosent pour les femmes est « les activités de services (santé, nettoyage et travail temporaire) » avec +81% alors que le taux des hommes diminuent de 28,4%. Les maladies professionnelles des femmes augmentent de plus de 300% dans ce même secteur mais également dans celui du « commerce non alimentaire » et de « l’industries des transports, de l’eau, de l’énergie et des communications ».

En conclusion, les auteurs expliquent ces différences par trois facteurs : une exposition différenciée liée à des métiers distincts, une sous-évaluation des risques et pénibilités dans les secteurs à prédominance féminine et des parcours différents pouvant favoriser pour les femmes de multiples expositions.

Je vais vous renvoyer à la lecture de la revue PISTES qui a consacré un numéro spécial à la question du genre en ergonomie. Si vous souhaitez quelque chose de plus court, voici un article de Sandrine Caroly de 2009 qui est une bonne synthèse de la problématique. Et pour quelque chose d’encore plus court, vous pouvez relire notre article consacré au symposium de la SELF « Ergonomie et genre : agir sur les processus d’intervention » en 2013.

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