Archives quotidiennes : juillet 6, 2017

[Manifestation] EPIQUE 2017, focus sur le symposium développement durable

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Le symposium s’intitule précisément « Quelle(s) relation(s) entre appropriation des technologies et transformation de pratiques dans des projets liés au développement durable en ergonomie et psychologie ergonomique ? » (vous pouvez respirer !) .

La commission « Concevoir pour le développement durable » de l’ARPEGE a été créée en 2015 et elle organise ce symposium. Elle compte 24 membres et a déjà organisé 5 journée et 1 symposium.

Introduction par Magali Prost & Gaëtan Bourmaud (Julien Guibourdenche étant absent).

Des principes sont communs entre ergonomie et développement durable car les deux visent à accompagner le changement vers un « mieux-être ». L’ergonomie par l’analyse de l’activité et sur la base des besoins des acteurs tentent en effet également de transformer les situations. Le symposium tentera de répondre à la question de l’appropriation (l’action de « faire lien ») des technologies : quelles transformations et quelles valeurs cela implique ? Ces relations seront explorer dans les champs théorique et méthodologique de la « genèse instrumental » et du « cours d’action » pour l’ergonomie.

Julie Lassale, Adélaïde Amelot , Christine Chauvin & Annabelle Boutet-Dieye : Lien entre appropriation des technologies smart-grids et développement de pratiques de maîtrise des consommations en électricité : une approche ergo-sociologique.

Cette étude s’inscrit dans le projet SOLENN (SOLidarité ENergie INnovation) qui vise la sécurisation du réseau électronique et le développement des pratiques (maîtrise des consommation électriques, MCE) via le compteur Linky. Le but de l’étude est de comprendre les freins existants, via les outils de l’ergonomie et de la sociologie. L’étude couvre ainsi plusieurs niveaux d’analyse : l’analyse socio-technique, le cadre social et les instruments au sens de Vigorsky. L’étude est en cours, et seuls des résultats intermédiaires sont présentés. L’appropriation par les familles suivies est faible (13 foyers sur 18 familles). Les explications sont multiples. Les chercheuses constatent un manque d’accompagnement dans la lecture des données. Elles décrivent une absence de rencontre entre la volonté des pouvoirs publics et les motivations propres des personnes. Les chercheuses ont pu également décrire les phénomènes d’appropriation et les pratiques développées dans ce cas. Elles réalisent enfin un certain nombres de recommandations.

Le débat qui a suivi a pointé la question de la politique publique et de la méthode mise en place pour installer les compteurs Linky dans les foyers qui de fait ont contribué à réduire son appropriation.

Gaëtan Bourmaud : Propositions pour une analyse systémique des pratiques de permaculture.

L’objet est de comprendre les systèmes de ressources en permaculture. La permaculture a pour « objectif d’agencer et favoriser des interactions opportunes entre les composants d’environnements écologiques » (Millsion) : il s’agit donc d’un système. Le chercheur présente un travail exploratoire de la permaculture par la description du système de ressources du permaculteur. Le chercheur réalisera ensuite le lien avec d’autres terrains : éco-école et d’autres micro-fermes, dont une au Sénégal.  La permaculture, « en s’inspirant des écosystèmes naturels (…) établit des interactions favorables entre les composantes des sites dont elle conçoit l’aménagement : les humains et leurs besoins, le territoire et ses caractéristiques, les plantes annuelles et pérennes (…), les animaux, les sols, les microclimats, l’eau, etc. » (Mollison, 2012, p. 13). Autrement dit, « son principe est de prendre la nature comme modèle et de concevoir des installations humaines fonctionnant comme des écosystèmes productifs et économes en ressources » (Hervé-Gruyer et Hervé-Gruyer). Le chercheur décrit les propriétés du système dont l’émergence (qui postule qu’un système est plus que la somme des éléments qui le compose). Il utilise l’approche instrumentale pour analyser le système d’instruments du sujet. Il observe que le permaculteur a planté une planche (zone d’environ 5m * 0,5m) contenant 4 pieds de haricots formant les coins d’un carré de moins d’1m2 qui s’élèvent agrippés à des fers à béton joints en leur tête, un chou-fleur au milieu, des céleris rave sur les côtés, des tomates en façade sud et des salades en tomates en façade nord. Le permaculteur explique : « ça donnera peut-être des légumes moins gros chacun mais l’ensemble devrait constituer une belle quantité ». Une planche est ainsi un système qui dans ce cas possède une contrainte mais l’ensemble vise un équilibre. Le système peut être lu à un autre niveau car le jardin est composé d’un ensemble de planches fonctionnant également en système.

Magali Prost, Lorène Prost et Marianne Cerf : Les échanges virtuels entre agriculteurs : un soutien à la transformation de leurs pratiques professionnelles ?

Les chercheuses s’intéressent aux agriculteurs en transition vers une agriculture durable. Pour cela, la première voie possible est de contrôler l’usage des intrants. La seconde voie vise à utiliser les propriétés des agrosystèmes : les chercheuses s’intéresseront plutôt à ce versant. Les agriculteurs font face à de nombreuses contraintes (climatiques…), des temps longs et l’implication de nombreux acteurs (européens, nationaux, locaux…). Les transitions ont été étudiées et il a été constaté qu’elles sont le fruit d’échanges entre pairs, en réseau. Néanmoins, il n’y a pas de connaissances stabilisées. Ces processus peuvent alors être vus comme des processus de conception car il convient de dépasser le flou initial pour atteindre un objectif mal défini.  Les chercheuses veulent comprendre si les mises en réseau vont soutenir les processus de transition. Elles ont étudié l’activité d’un forum de 8000 membres : Agriccol. Le premier constat est que 60% des échanges sont sur les pratiques et techniques.  Elles se sont ensuite intéressées à un fil particulier de 195 messages concernant les pratiques. Elles constatent que les interventions visent essentiellement la réalisation d’un diagnostic (15% du fil), la recherche de solutions (65% du fil) et la mise à l’épreuve (20% du fil). Il existe donc une véritable activité de construction des connaissances au sein de cette communauté.

Les travaux présentés ont ensuite faits l’objet d’une discussion avec la salle.

[Manifestation] Étonnants Travailleurs, 3ème édition (décembre / Paris)

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Le « voyage au coeur de l’activité », pour reprendre le sous-titre du colloque, se poursuivra lors de cette troisième édition. Le principe reste le même : les participants partagent un « moment » de leur activité de travail et, au fil des deux jours, le partage aidant, se créé une dynamique propre de réflexion sur ces activités.

La rencontre aura lieu au Maltais Rouge, à Paris (Xe arrondissement) le 1 et 2 décembre 2017.
Visitez le site pour plus d’informations.

En attendant l’ouverture des inscriptions, je vous invite à écouter l’émission de radio sur ces journées qui explique les fondements de la démarche et présente la seconde édition :