Monozukuri

Renault  applique actuellement et depuis 2 ans, une méthode d’organisation globale de la “chaine de valeur” : le monozukuri. Comme vous l’avez surement deviné en lecteurs avisés que vous êtes, cela nous vient de nouveau du Japon, le point d’entrée pour Renault étant Nissan (même groupe). Afin de comprendre cette méthode, nous sommes allés chercher sur internet quelques informations.

Premier constat et non des moins amusant, cette méthode date de plus de 1000 ans. L’innovation dans le management n’a jamais été formidable, mais là, cela atteint des sommets. Bientôt une organisation des entreprises sur le modèle des « chasseurs-cueilleurs » !

Mais allons plus loin que la simple moquerie sur le sujet : après tout, des philosophies bien plus anciennes sont toujours riches d’enseignement. Qu’est-ce donc que le monozukuri ?

L’objectif final pour Renault est de réduire le coût global tout en optimisant la qualité d’une voiture. Ceci correspond au fonctionnement de l’industrie automobile depuis le fordisme, rien de nouveau dans les objectifs. Quid des moyens ?

Le principe est d’agit sur la globalité de « la chaîne de création de valeur » soit de la conception au service après-vente. Il s’agit donc non plus de traiter un atelier ou un service, mais la totalité de l’organisation. On se prend à rêver d’une recherche des déterminants organisationnels de l’activité réel de travail… mais non, le but est quelque peu différent !

M.Tavares,directeur général délégué aux opérations de Renault,  explique ce principe à la Commission des affaires économiques de l’assemblée nationale (11 janvier 2012) :

Le monozukuri est une approche qui est porteuse d’efficacité puisqu’elle permet de déterminer le coût total du véhicule entre le début de sa fabrication et le moment de la livraison. Le monozukuri prend en compte l’ensemble des coûts induits par les différents éléments de la production – logistique, conception, manufacturing… On s’est aperçu qu’à l’interface de ces métiers se trouvaient des gisements de productivité et que la somme des optima locaux ne correspondait pas à un optimum global. Le monozukuri permet d’optimiser les interfaces pour que le coût optimum global soit le seul facteur de décision.

Les gisements de productivité sont synonymes de réduction des coûts.

Après les chantiers Kaizen et le Lean appliqués à un atelier ou un service, le monozukuri propose d’optimiser tout le process. Ainsi, à la suppression des marges de manœuvre locales liées aux premières méthodes (par la chasse entre autre aux gestes et aux déplacements « inutiles ») va donc succéder une rigidité organisationnelle accrue à l’échelle de l’entreprise orientée sur la réduction des coûts (« inutiles » aussi, on s’en doute). Si les organisations en Lean ont montré leur nocivité pour la santé des salariés (voir un précédent billet sur ce même site), on n’ose pas imaginer les conséquences d’une réorganisation complète sur le mode monozukuri, en particulier en matière de souffrance psychologique au travail d’un encadrement encore plus déposséder de marges de manœuvre. Affaire à suivre…

Image : Monozukuri en écriture japonaise (sans certitude !)

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