Dans la suite de notre série « Le travail, c’est… » : aujourd’hui « c’est quoi le VRAI travail ? »

Pour ceux qui suivent notre blog depuis plusieurs mois, vous savez que nous avons quelques séries… certaines se développent peu, certaines reviennent au gré de l’actualité… Parmi celles-ci, nous avons une série qui cherche à qualifier ce qu’est le travail (quelques anciens posts à suivre par ici).

C’est bien cette dernière série qui rebondit, curieusement tout de même, avec la prochaine organisation d’une « fête du VRAI travail », à l’occasion du 1er mai, de la part du président-candidat, et vice et versa, Nicolas Sarkozy…

Alors, pour comprendre ce qu’est le travail, on pourrait reprendre ce post de 2010 qui présentait ce qu’est le travail :

« Le “travail”, c’est étymologiquement ‘trepalium’, l’instrument de supplice à trois branches ; se mettre au travail, c’est s’infliger une activité qui n’obéit pas au principe de plaisir, qu’exige une réalité souvent contraignante (société, parents, éducateurs, nécessité matérielle ou morale).

Dans la Bible, dès le premier livre de la Genèse, le travail est présenté comme la malédiction de l’homme chassé du paradis : “Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front.”

Historiquement, le travail est réservé, dans l’Antiquité, aux gens non favorisés : les citoyens pratiquent ‘l’otium’, l’oisiveté nécessaire. Le ‘negotium’, le non-loisir, le négoce, s’impose à ceux qui doivent mener efforts, négociation, pour assurer leur survie.

Le travail est d’abord le fait des esclaves – et il persistera longtemps l’idée que le travail est infligé à ceux qui doivent l’accomplir parce qu’ils n’appartiennent pas à la catégorie des maîtres : nobles pendant des siècles, héritiers, ensuite, d’un capital qui dispense de travailler ; sont alors salariés ceux qui travaillent.

On observe ainsi le changement de sens du mot “travail” – longtemps synonyme de peine, d’efforts -, qui évolue vers son sens moderne d’activité nécessaire et productive, rétribuée ou non (mais la rétribution est la raison même du travail dans le monde professionnel). Le travail, fatigant, est juste entrecoupé de fêtes, de loisirs, de congés ou de vacances, qui permettent de se reposer, de se distraire, de retrouver des forces, et qui constituent, en principe, des moments plus agréables, parfois plus heureux.

Par provocation, on peut discuter cette supériorité de l’amusement sur le travail : “Il faut travailler, sinon par goût, au moins par désespoir, puisque tout bien vérifié, travailler est moins ennuyeux que s’amuser”, écrit Baudelaire, par défi, dans ses ‘Journaux intimes’… Et si le bon travail se faisait aussi dans et par le plaisir ?

Le travail est réhabilité depuis quelques siècles : il est utile, nécessaire, beau, grand, de travailler. Les grands noms de notre littérature chantent les mérites du travail, de Voltaire à Hugo – ce statut de travailleur par lequel on s’accomplit aussi dans la société, quand on est homme et citoyen, qui se fait pour l’estime qu’on a de soi, pour la sécurité matérielle de ceux qu’on fait vivre, pour sa famille, pour son pays -, avec le spectre nouveau de la privation de travail, du chômage. Le travail se définit non seulement comme une obligation mais aussi comme un droit…

Les plus grands textes nous disent, en montrant tantôt sa douleur, tantôt sa grandeur, ce que peut signifier cette activité. Avec eux, remettons-nous donc “au travail”. »

On découvre aujourd’hui qu’il y a le VRAI travail, et donc le FAUX, par opposition logique au premier… mais c’est quoi ce VRAI travail ?
L’auteur responsable de cette notion nouvelle le définit comme suit (à lire dans Le Nouvel Observateur):

« C’est celui qui a construit toute sa vie sans rien demander à personne, qui s’est levé très tôt le matin et s’est couché très tard le soir, qui ne demande aucune félicitations, aucune décoration, rien, c’est celui qui a commencé tout en bas, qui s’est hissé le plus haut possible et qui se dit: ‘je veux que mes enfants puissent vivre mieux que moi et commencer plus haut que moi' », a expliqué le chef de l’Etat.

« Le vrai travail, c’est celui qui se dit: ‘oh, j’ai pas un gros patrimoine, mais le patrimoine que j’ai, j’y tiens, parce qu’il représente tellement de sueur, tellement de milliers, de milliers d’heures de travail, tellement de peine, tellement de sacrifices, tellement de souffrance, ce patrimoine-là, on ne me le volera pas, j’ai trimé pour ce patrimoine-là mais je n’ai pas l’intention de m’excuser d’avoir construit cette vie’. C’est ça, le vrai travail! » a ajouté Nicolas Sarkozy.

« C’est celui qui dit: ‘toute ma vie j’ai travaillé, j’ai payé mes cotisations, j’ai payé mes impôts, je n’ai pas fraudé, et au moment de mourir, je veux laisser tout ce que j’ai construit à mes enfants sans que l’Etat vienne se servir' », a encore estimé le président-candidat. »

Curieux… « le travail, c’est… » un travailleur ! je crois que certains politiques ne savent vraiment pas ce qu’est le travail !
En tous cas, voici une série qu’il semble urgent de nourrir ! 🙂
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