Le lean : une pilule pas si facile à avaler

Dans un article récent, le Parisien débute un semblant de critique du Lean en donnant la parole à un ergonome. En juillet dernier, Rue 89 faisait de même.

Mais qu’est-ce que le lean et en quoi pose-t-il problème ?

Selon Wikipedia : L’école de gestion de la production dite lean […] recherche la performance (en matière de productivité, de qualité, de délais, et enfin de coûts) par l’amélioration continue et l’élimination des gaspillages (muda en japonais), au nombre de sept :

  • production excessive,
  • attentes,
  • transport et manutention inutiles,
  • tâches inutiles,
  • stocks,
  • mouvements inutiles,
  • production défectueuse.

Au tout début, une partie de la théorie du lean constitue le système Toyota Production System propre à Toyota et qui a fait son succès. On retrouve une critique de ce système dans le livre Toyota : L’usine du désespoir de Satoshi Kamata. Pour en savoir plus, je vous invite à consulter le dossier de Préventica.

Une partie du corpus théorique du Lean est aujourd’hui appliquée dans les entreprises françaises avec une orientation productiviste marquée.

Dans Conditions de travail et santé au travail des salariés de l’Union Européenne : des situations contrastées selon les formes d’organisation. Antoine Valeyre conclu ainsi :

De nombreuses caractéristiques de conditions de travail ou de santé au travail sont plus favorables dans les organisations apprenantes que dans les organisations en lean production ou les organisations tayloriennes et la situation est en général moins bonne dans les organisations en lean production que dans les organisations tayloriennes.

Une organisation apprenante est une organisation « où les salariés disposent d’une large autonomie procédurale et ne subissent que de faibles contraintes temporelles dans leur travail, auquel se rattache le modèle sociotechnique scandinave[…] ».

Les organisations de type Lean sont plus nocives pour la santé des salariés que celles de type Taylorien, déjà bien peu favorables !

Le lean se prévaut d’une approche ergonomique qu’il n’a pas : ses consultants n’en ont ni la méthode, ni les objectifs. Le Lean passe tout simplement à côté du travail réel.

Le monde de l’ergonomie tente de réagir : dès 2009, une table ronde fut organisée au congrès de la SELF (Société d’Ergonomie de Langue Française) sur cette question et l’année dernière une journée intitulée Que faire du Lean ? Le point de vue de l’activité se déroulait au Cnam à Paris organisée par le revue Activités.

Il y a encore du travail…

Image issue du site du cabinet GSS, spécialisé dans la réorganisation Lean dans le secteur de la santé sans leur aimable autorisation mais cela collait tellement bien avec mon titre !

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4 réponses à “Le lean : une pilule pas si facile à avaler

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