[Etude] DARES : le travail de nuit en hausse

La Dares publie une étude faisant le point sur le travail de nuit en France. Le constat est simple en apparence : il augmente fortement (+1 million de salariés) entre 1991 et 2009. Dans le détail, il est plus complexe.

Tout d’abord rappelons que le travail de nuit est légalement de 21h à 6h du matin et qu’il est définie pour l’étude de 0h00 à 5h00 du matin.

L’étude montre que le travail de nuit progresse surtout pour les hommes dans l’industrie et pour les femmes dans tous les secteurs (y compris dans le secteur public). Les hommes restent plus présents au travail la nuit que les femmes. Le travail de nuit s’accompagne souvent d’horaires atypiques. Enfin, l’étude montre que le travail de nuit est souvent accompagné d’une pénibilité perçue plus importante. Certains métiers sont particulièrement plus difficiles la nuit comme dans le secteur hospitalier ou de la sécurité.

Au delà de l’étude de la DARES, les dernières recherches sur l’activité de travail en horaires décalés montrent que l’opérateur de nuit n’est pas un individu qui travaille moins, mais avant tout un individu qui travaille différemment. Ainsi, il est important de disposer de marges de manœuvre pour organiser son activité de travail : des reports dans le temps ou des reports sur le collectif sont les plus classiques. L’opérateur en horaires atypiques est également contraint à mettre en place des stratégies hors travail pour ses activités familiales ou sociales. Le sommeil des opérateurs de nuit est plus court et de moindre qualité : les rythmes circadiens mais également les rythmes sociaux et familiaux limitent ainsi les capacités de récupération par le sommeil. L’âge est à la fois à prendre en compte du point de vue de l’acceptation biologique des horaires atypiques mais aussi du point de vue de l’évolution naturelle de la vie de tout un chacun. L’expérience professionnelle et l’ancienneté peuvent jouer en faveur des salariés ayant des horaires atypiques. Ils gèrent en effet mieux leurs contraintes et peuvent parfois se reposer sur leurs collègues pour les tâches les plus difficiles. Le travail de nuit est ainsi vécu et accepté différemment par les salariés, certains le demandent même pour bénéficier de revenus supérieurs alors qu’il est imposé à d’autres.

Les effets du travail de nuit sur la santé sont variés et cette forme de travail ne touche pas que la santé. Une étude a même montré une moindre réussite scolaire des enfants des travailleurs de nuit. L’étude de la DARES nous apprend que  » le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a pour sa part classé le travail posté de nuit comme cancérogène probable« .

Ainsi, en confondant pénibilité et incapacité dans la loi sur les retraites, les travailleurs de nuit sont exclus du dispositif. Leur travail pénible a de multiples conséquences sur leur vie sans générer d’incapacité.

Photo : Tchao Pantin de Claude Berri (photo du site notrecinema.com)

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