Les rencontres du « Monde des Livres » : Les mots des romanciers sur les maux du travail

Les 9 et 10 octobre prochains (de 10h 30 à 19 heures) au siège du journal « Le Monde » (80, boulevard Auguste-Blanqui, à Paris 13e), auront lieu les rencontres du « Monde des Livres ».

Sur le site du journal on peut lire :

Restructurations, plans sociaux, délocalisations, retraites… Le malaise social grandissant ne se fait pas entendre uniquement dans la rue. Depuis plusieurs années, la littérature se fait de plus en plus l’écho, sinon des revendications des salariés du moins, des maux et détresses liés au travail.

Ce mouvement, qui a vu les écrivains réinvestir les usines puis l’entreprise, s’est amorcé au début des années 1980 avec François Bon (Sortie d’usine, éditions de Minuit), Leslie Kaplan (L’Excès-Usine, POL) et Robert Linhart (L’Etabli, Minuit). Peu à peu cependant, cette littérature prolétarienne, héritière de Mai 1968, a commencé à disparaître – à l’exception notable de Gérard Mordillat – au profit d’une littérature dite de l’entreprise.

Le premier à s’y engager a été Michel Houellebecq avec Extension du domaine de la lutte (Maurice Nadeau, 1994). Il sera suivi peu après par François Emmanuel avec La Question humaine (Stock), Amélie Nothomb et Stupeurs et Tremblements (Albin Michel) ou encore Frédéric Beigbeder et 99 francs (Grasset). Ainsi depuis les années 2000, chaque rentrée littéraire apporte son lot de romans sur le travail ou l’entreprise.

UN RETOUR DU « ROMAN CONTRE »

Pour autant, le contexte de crise et de malaise social suffit-il à expliquer cette multiplication de romans sur le travail ? Doit-on y voir la forme d’un nouveau mode d’engagement de la part des écrivains et, par là-même, un retour du « roman contre », du roman engagé ? Est-ce un passage obligé pour tout écrivain qui scrute le réel ? De quel réel parlons-nous du reste quand le travail concret tend à disparaître au profit d’une vision fantasmée véhiculée par l’entreprise qui sécrète son propre langage, sa propre fiction ?

Autant d’interrogations auxquelles seront soumis trois écrivains, invités des rencontres du Monde des livres (le programme est ici). Thierry Beinstingel, auteur de Retour aux mots sauvages (Fayard), un roman émouvant sur le parcours d’un ouvrier électricien reconverti de force en télé-opérateur ; Nathalie Kuperman qui, avec Nous étions des êtres vivants, dépeint, sous la forme d’une tragédie antique, le rachat d’une entreprise de presse. Enfin Maylis de Kerangal et Naissance d’un pont (Verticales), un roman-fresque singulier où à travers un chantier titanesque, la romancière dessine un état de notre monde.

Je suis bien content de voir que dans la ligne historique rappelée précédemment dans un post intitulé Le travail : « c’est… » le thème du travail et des maux qui en découlent est encore sujet de romans. C’est bien le signe que le travail réinterroge notre société, et les romanciers jouent dans ce cadre un rôle formidable en termes de vecteurs de « ce qu’on vit au travail », où le travail y est présenté comme vécu « de l’intérieur » par le personnage du roman.

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Une réponse à “Les rencontres du « Monde des Livres » : Les mots des romanciers sur les maux du travail

  1. Si vous appréciez l’oeuvre de Nathalie Kuperman, je vous conseille vivement un site que j’ai découvert grâce à Curiosphère.tv :
Il s’agit d’Interlignes, un site littéraire qui propose des interviews vidéo d’auteurs (en plusieurs épisodes, l’auteur parle de son livre, ses motivations…)
A voir!!Voici le lien vers l’interview de Nathalie Kuperman :
http://interlignes.curiosphere.tv/?post_type=auteur&p=376
    Bonne découverte ! 🙂

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