Une campagne TMS 2010 à la radio qui « tape » un peu à côté !

Comme moi, depuis quelques jours (depuis le 19 avril en fait), vous avez dû entendre sur différentes radios, les 2 messages de la campagne de communication, lancée par notre nouveau ministre du travail, pour renforcer la mobilisation des entreprises en matière de lutte contre les TMS (Troubles Musculo-Squelettiques), première cause de maladie professionnelle en France, campagne intitulée « Mettre fin aux troubles musculosquelettiques dans votre entreprise, c’est possible. » (Cf. Image).

Les TMS représentent effectivement un problème majeur, tant au plans humain, social et économique, avec un total de 8,4 millions de journées de travail perdues chaque année, pour 847 millions d’euros de frais par an.

L’écoute de ces messages est possible ici (en bas de page).

Ce qui m’a frappé à l’écoute de ces 2 messages, c’est à la fois la cause présentée et la solution préconisée. Non pas qu’elles soient fausses ou inadaptées bien sûr, ni l’une ni l’autre. C’est bien plutôt le caractère unique sous-entendu qui est étonnant, voire dérangeant, au regard des connaissances largement diffusées aujourd’hui sur le risque de survenue des TMS* : pluri-factorialité (facteurs organisationnels, psychosociaux, bio-mécaniques et personnels) d’une part et diversité des angles d’attaque en termes de solutions à mettre en œuvre (la polyvalence, le collectif, l’organisation du travail et du temps de travail, les postes de travail, les dispositifs de production, l’évolution du process, etc.) d’autre part.

Dans cette campagne radio, LA cause avancée par le message est « la répétition du geste, la cadence soutenue imposée et sans doute le poids du colis déplacé » et LA solution est « une aide technique à la manutention ». C’est donc bien là que la campagne tape à côté selon moi, et qu’elle m’invite à ce coup de gueule. Pardon, ce coup de poing !

OK, certains me diront qu’il n’est pas simple de traiter de la problématique éminemment complexe des TMS – à la radio, et tout ça en 30 secondes ! – sans risquer d’écraser certains éléments, mais quand même… Ces messages assènent au grand public l’argumentaire bio-mécanique, seule cause encore trop généralement considérée. Ces messages risquent  encore de porter un coup à la prévention, en laissant entendre qu’il faut améliorer les conditions de travail lorsque les personnes souffrent, et seulement lorsqu’elles souffrent peut-être…

Pour conclure, taper du poing sur la table pour que les conditions de travail soient enfin regardées comme engendrant potentiellement des maladies professionnelles – et qu’il faut agir ! – est évidemment un acte fort, encore faut-il ne pas taper à côté…

* Pour plus d’informations sur les TMS, voir « Troubles musculosquelettiques et travail » de Bourgeois et al. (2006), éd. ANACT (ici).

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