[Manifestation] 52e congrès de la SELF

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Le 52e congrès de la Société d’Ergonomie de Langue Française commence demain.

Sachez que vous pouvez vous inscrire directement sur place : il n’est donc pas trop tard.

Le programme est disponible ici.

La table ronde du jeudi 21 Salle GUILLAUMET 2 est consacrée au thème « Développement durable et ergonomie : apports et points de vue pour aller au-delà de la soutenabilité ». Éminemment d’actualité.

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[France Culture] Le salariat n’est pas mort, il bouge encore

France Culture

Il s’agit d’une rediffusion de 4 documentaires sur France Culture proposée par LSD, la série documentaire. L’occasion nous est donné de (re)voir le salariat sous toute ses formes.

La question de « l’uberisation » traverse ces documentaires. Le dernier documentaire est consacré aux coopératives d’activités et d’emplois, un réseau d’entrepreneurs-salariés : le chaînon manquant entre patronat et salariat ? Ces coopératives ont fait l’objet d’une loi sous le précédent quinquennat (dans les loi Hamon sur l’ESS) réglementant et officialisation leur activité.

 

La démocratisation du travail

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Alors que l’affaiblissement de la représentation salariale par les élus du personnel sert de feuille de route au gouvernement, la question de la démocratisation du travail semble être davantage dans l’air du temps au vue des publications actuelles.

Une récente BD d’Emma sur son blog aborde d’une façon personnelle le problème de la démocratisation du travail : partant de son expérience, elle explique que tant que les salariés ne sont pas suffisamment décisionnaires, les entreprises risquent de continuer à être des outils de production de richesse et uniquement cela.

Un tout aussi récent article de Dominique Méda dans Libération (re)pose les termes du débat, montrant que la démocratisation du travail n’est pas un privilège à accorder aux salariés mais une conséquence logique sur le plan moral.

Un article de Paul-André Lapointe, également récent, dans les cahiers de la recherche sociologique décrit les évolutions organisationnelles de trois usines d’un même groupe au Québec. Il dresse ainsi un tableau de plusieurs types de compromis sociaux possibles dans les entreprises. Ces évolutions restent timides au regarde de ce qui peut exister aujourd’hui (dans les « entreprises libérées » par exemple), mais elles peuvent parfaitement se retrouver dans nombre d’usines en France.

Les deux premiers documents occupent chacun la face d’une même pièce : la question de la démocratisation du travail est en effet extrêmement liée à celle du sens du travail. Nous savons aujourd’hui (par exemple dans le travail de Yves Clos), que , plus qu’un impératif moral ou de justice, il s’agit d’un impératif de santé. Le troisième document rend bien compte de l’étendue et de la difficulté du chemin à parcourir. Cela tombe bien, Thomas Piketty a (récemment) rédigé un article sur son blog concernant l’ouverture du capital aux salariés et il en fait une question éminemment d’actualité.

 

L’image est issue du blog d’Emma qui s’est fait connaitre récemment sur le sujet de la charge mentale des femmes.

[Journée d’étude] JGE 2017 – Les Instances Représentatives du Personnel dans la pratique de l’ergonomie et de la Prévention ? Pourquoi faire et comment ?

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La journée thématique Grand-Est organisée par la SELF et hébergée par l’université de Lorraine se déroulera le 10 novembre.

Elle aborde une question Ô combien d’actualité (voir notre billet sur la réforme du code du travail) : les IRP ou Instances Représentatives du Personnels.

Plusieurs questions seront abordées : Comment l’intervenant s’adapte aux cadres réglementaires  ? Comment les différents acteurs de la santé au travail coopèrent ? Comment la promotion active du point de vue de l’activité contribue à faire évoluer le dialogue social et favorise la prévention des risques professionnels ?

Des témoignages et interventions ainsi que des échanges et des débats rythmeront cette journée où j’aurai la charge d’assurer le fil rouge.

L’événement se déroulera le 10 novembre 2017 de 9h30 – 17h00 à la Faculté de Médecine de l’Université de Lorraine (9 Avenue de la Forêt de Haye, 54505 Vandoeuvre-lès-Nancy / Amphithéâtre LEPOIS).

Les inscriptions sont à réaliser en ligne sur le site de la SELF à partir du mois de septembre ou sur place auprès des organisateurs. Pour en savoir plus, la plaquette (.pdf) et pour toutes questions, un unique mail : jge2017@ergonomie-self.org.

[Actualité] La réforme du code du travail

Il se joue durant cet été 2017 sur le terrain législatif un débat très important sur le travail. Pour la ministre du travail, l’objectif est de « renforcer le dialogue social », que la loi ne donne que « des fondamentaux » ainsi que « des principes » et la philosophie est « la concertation totale ». Tout cela a été expliqué sur France Inter.

Que la CGT, SUD ou FO s’opposent à cette réforme est bien moins surprenant que de voire la CFE/CGC monter aux créneaux.  Le syndicat des cadres a réalisé une vidéo expliquant efficacement cette réforme : nous vous la proposons donc.

A l’assemblée, c’est essentiellement les députés de la France Insoumise qui assurent l’opposition. Leurs déclarations sont intéressantes à deux titres : ils dénoncent autant la méthode que le fond de la réforme. En effet, il apparaît que ce n’est pas tant la réforme du code du travail qui se discute à l’assemblée que le droit du gouvernement à légiférer sur ce sujet. Adrien Quatennes réalise une bonne synthèse des oppositions.

Sur le CHSCT en particulier, Jean-Luc Mélanchon décrit les enjeux de la fusion des instances (DP, CHSCT et CE).

Alexis Corbière cite même l’ergonomie en intervenant sur le CHSCT !

Concernant la fusion des instances, une pétition est en ligne pour s’opposer à la disparition du CHSCT.

[Manifestation] EPIQUE 2017, focus sur le symposium développement durable

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Le symposium s’intitule précisément « Quelle(s) relation(s) entre appropriation des technologies et transformation de pratiques dans des projets liés au développement durable en ergonomie et psychologie ergonomique ? » (vous pouvez respirer !) .

La commission « Concevoir pour le développement durable » de l’ARPEGE a été créée en 2015 et elle organise ce symposium. Elle compte 24 membres et a déjà organisé 5 journée et 1 symposium.

Introduction par Magali Prost & Gaëtan Bourmaud (Julien Guibourdenche étant absent).

Des principes sont communs entre ergonomie et développement durable car les deux visent à accompagner le changement vers un « mieux-être ». L’ergonomie par l’analyse de l’activité et sur la base des besoins des acteurs tentent en effet également de transformer les situations. Le symposium tentera de répondre à la question de l’appropriation (l’action de « faire lien ») des technologies : quelles transformations et quelles valeurs cela implique ? Ces relations seront explorer dans les champs théorique et méthodologique de la « genèse instrumental » et du « cours d’action » pour l’ergonomie.

Julie Lassale, Adélaïde Amelot , Christine Chauvin & Annabelle Boutet-Dieye : Lien entre appropriation des technologies smart-grids et développement de pratiques de maîtrise des consommations en électricité : une approche ergo-sociologique.

Cette étude s’inscrit dans le projet SOLENN (SOLidarité ENergie INnovation) qui vise la sécurisation du réseau électronique et le développement des pratiques (maîtrise des consommation électriques, MCE) via le compteur Linky. Le but de l’étude est de comprendre les freins existants, via les outils de l’ergonomie et de la sociologie. L’étude couvre ainsi plusieurs niveaux d’analyse : l’analyse socio-technique, le cadre social et les instruments au sens de Vigorsky. L’étude est en cours, et seuls des résultats intermédiaires sont présentés. L’appropriation par les familles suivies est faible (13 foyers sur 18 familles). Les explications sont multiples. Les chercheuses constatent un manque d’accompagnement dans la lecture des données. Elles décrivent une absence de rencontre entre la volonté des pouvoirs publics et les motivations propres des personnes. Les chercheuses ont pu également décrire les phénomènes d’appropriation et les pratiques développées dans ce cas. Elles réalisent enfin un certain nombres de recommandations.

Le débat qui a suivi a pointé la question de la politique publique et de la méthode mise en place pour installer les compteurs Linky dans les foyers qui de fait ont contribué à réduire son appropriation.

Gaëtan Bourmaud : Propositions pour une analyse systémique des pratiques de permaculture.

L’objet est de comprendre les systèmes de ressources en permaculture. La permaculture a pour « objectif d’agencer et favoriser des interactions opportunes entre les composants d’environnements écologiques » (Millsion) : il s’agit donc d’un système. Le chercheur présente un travail exploratoire de la permaculture par la description du système de ressources du permaculteur. Le chercheur réalisera ensuite le lien avec d’autres terrains : éco-école et d’autres micro-fermes, dont une au Sénégal.  La permaculture, « en s’inspirant des écosystèmes naturels (…) établit des interactions favorables entre les composantes des sites dont elle conçoit l’aménagement : les humains et leurs besoins, le territoire et ses caractéristiques, les plantes annuelles et pérennes (…), les animaux, les sols, les microclimats, l’eau, etc. » (Mollison, 2012, p. 13). Autrement dit, « son principe est de prendre la nature comme modèle et de concevoir des installations humaines fonctionnant comme des écosystèmes productifs et économes en ressources » (Hervé-Gruyer et Hervé-Gruyer). Le chercheur décrit les propriétés du système dont l’émergence (qui postule qu’un système est plus que la somme des éléments qui le compose). Il utilise l’approche instrumentale pour analyser le système d’instruments du sujet. Il observe que le permaculteur a planté une planche (zone d’environ 5m * 0,5m) contenant 4 pieds de haricots formant les coins d’un carré de moins d’1m2 qui s’élèvent agrippés à des fers à béton joints en leur tête, un chou-fleur au milieu, des céleris rave sur les côtés, des tomates en façade sud et des salades en tomates en façade nord. Le permaculteur explique : « ça donnera peut-être des légumes moins gros chacun mais l’ensemble devrait constituer une belle quantité ». Une planche est ainsi un système qui dans ce cas possède une contrainte mais l’ensemble vise un équilibre. Le système peut être lu à un autre niveau car le jardin est composé d’un ensemble de planches fonctionnant également en système.

Magali Prost, Lorène Prost et Marianne Cerf : Les échanges virtuels entre agriculteurs : un soutien à la transformation de leurs pratiques professionnelles ?

Les chercheuses s’intéressent aux agriculteurs en transition vers une agriculture durable. Pour cela, la première voie possible est de contrôler l’usage des intrants. La seconde voie vise à utiliser les propriétés des agrosystèmes : les chercheuses s’intéresseront plutôt à ce versant. Les agriculteurs font face à de nombreuses contraintes (climatiques…), des temps longs et l’implication de nombreux acteurs (européens, nationaux, locaux…). Les transitions ont été étudiées et il a été constaté qu’elles sont le fruit d’échanges entre pairs, en réseau. Néanmoins, il n’y a pas de connaissances stabilisées. Ces processus peuvent alors être vus comme des processus de conception car il convient de dépasser le flou initial pour atteindre un objectif mal défini.  Les chercheuses veulent comprendre si les mises en réseau vont soutenir les processus de transition. Elles ont étudié l’activité d’un forum de 8000 membres : Agriccol. Le premier constat est que 60% des échanges sont sur les pratiques et techniques.  Elles se sont ensuite intéressées à un fil particulier de 195 messages concernant les pratiques. Elles constatent que les interventions visent essentiellement la réalisation d’un diagnostic (15% du fil), la recherche de solutions (65% du fil) et la mise à l’épreuve (20% du fil). Il existe donc une véritable activité de construction des connaissances au sein de cette communauté.

Les travaux présentés ont ensuite faits l’objet d’une discussion avec la salle.

[Manifestation] Étonnants Travailleurs, 3ème édition (décembre / Paris)

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Le « voyage au coeur de l’activité », pour reprendre le sous-titre du colloque, se poursuivra lors de cette troisième édition. Le principe reste le même : les participants partagent un « moment » de leur activité de travail et, au fil des deux jours, le partage aidant, se créé une dynamique propre de réflexion sur ces activités.

La rencontre aura lieu au Maltais Rouge, à Paris (Xe arrondissement) le 1 et 2 décembre 2017.
Visitez le site pour plus d’informations.

En attendant l’ouverture des inscriptions, je vous invite à écouter l’émission de radio sur ces journées qui explique les fondements de la démarche et présente la seconde édition :