[Presse] Article du monde et réflexions sur la notoriété

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Le Monde nous propose un article sur le métier d’ergonome « Devenir ergonome : l’humain d’abord ». Il brosse un portrait succinct mais multiple : approche des ergonomes, méthodes de travail des ergonomes, formations et de notoriété du métier. Il s’agit d’une bonne introduction pour qui souhaite découvrir ce métier.

Le journal a choisi de consacrer 1/3 de son article à la question de la notoriété. Pourquoi pas, ce n’est en effet par le métier le plus connu. Cela m’interroge directement sur l’illustration de l’article lui-même. Je remarque que souvent le métier d’ergonome est illustrée par une photo d’ouvrier. Ce qui est le cas ici (ci-dessous l’illustration de l’article du Monde) :

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Souvent le travail d’un professionnel est illustré par une photographie de son activité de travail. Pourquoi ne pas montrer alors un ergonome en action ? Souvent, il s’agira de la photographie d’une personne entrain d’écrire debout s’il est sur site ou assis s’il est en entretien ou à son bureau. Il pourrait alors s’agir de la représentation de beaucoup d’autres métiers et la photographie s’avérera aussi peu discriminante que susceptible d’attirer l’attention.

Le travail d’un professionnel peut également être illustré par le résultat de son travail (pâtissier / pâtisserie par exemple). L’activité des ouvriers ou d’autres opérateurs n’est pourtant pas le résultat du travail des ergonomes, mais leur objet principal et premier d’étude. Il parait pourtant assez difficile de photographier le résultat du travail des ergonomes (cahier des charges, restitution…).

 

Il y a donc un vrai défi pour rendre visible ce métier : être en capacité de le représenter. Une solution pourrait être que l’ouvrier de la photographie ci-dessus soit observé par un individu qui prend des notes. Associer visuellement systématiquement l’ergonome à l’objet de son étude apparaît être un bon début.

Dans le cinéma, une des rares représentations d’ergonome vient du film Kitchen Stories. L’individu n’est pas officiellement un ergonome et l’approche est celle d’une comédie, néanmoins son activité correspond à celle d’un ergonome travaillant pour un concepteur de cuisine scandinave et … qui serait très en avance sur son temps.

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[Séminaire] Travail futur, travail du futur : accompagner les transitions – 25 et 26 janvier 2017 à Paris

index_clip_image002L’équipe d’ergonomie du CNAM de Paris et l’association ErgonoCnam (association des auditeurs du CNAM en ergonomie) propose début janvier (25 et 26 janvier 2017 à Paris) un séminaire public sur les évolutions du travail et donc du travail des ergonomes.

Pour tout savoir, c’est sur le site du CNAM.

Pour le programme, c’est ici. Au menu, les évolutions du travail (entreprises libérées, Uber…) et des méthodes d’intervention (méthodes projectives, expérimentation de transformations organisationnelles…).

Le montant de l’inscription est de 120 € … pour deux jours à écouter des gens prestigieux, c’est donné ! Plus sérieusement, il s’agit d’une bonne occasion pour tout intervenant de se mettre au goût du jour concernant l’ergonomie et peut-être aussi le monde du travail.

 

[Radio] Les Pieds sur Terre

France CultureLes Pieds sur Terre (de Sonia Kronlund)  est aujourd’hui l’émission qui propose le plus de reportages sur le travail.

Deux nouveaux reportages ont été mis en ligne :

Le tribunal des salariés blessés. Comme l’indique le site, le tribunal du contentieux de l’incapacité (TCI) règle les litiges relatifs à l’invalidité ou à l’inaptitude au travail. Le reportage nous donne à voir les énormes difficultés que rencontrent les salariés pour faire reconnaître leur situation au travers du réel du déroulé des séances. Remarquable.

Prendre soin. Les témoignages de plusieurs aides-soignantes intervenant dans des EPHAD, structures dont on connait trop bien les difficiles conditions de travail. Effrayant.

[Cinéma] Sully

Les professionnels des risques prêteront certainement plus d’intérêt que tout autre à Sully (sortie le 30/11/2016).

Le film est construit à partir de l’accident aérien qui est survenu à New York en 2009 : un avion a amerri sur la rivière Hudson après la perte de ses deux moteurs.

Pourtant, il ne s’agit pas vraiment d’un film catastrophe, où l’on suit les événements subis par les victimes. Sully place au centre du film l’enquête qui suit la catastrophe plutôt que la catastrophe elle-même.

Le film devient du coup bien plus intéressant : il questionne la simulation, le réel du travail, l’erreur humaine…etc. Il montre comment une enquête essentiellement basé sur des modélisations passe à côté du réel de la situation de travail et comment des modèles étriqués de l’homme au travail peuvent conduire à conclure à l’erreur humaine.

Beaucoup de professionnels de la santé au travail connaissent ces questions : mais qui se priverait de les revisiter dans un film de Clint Eastwood avec Tom Hanks en acteur principal ?

[Radio] Les Pieds sur terre

France CultureDeux nouveaux numéros des Pieds sur terre (de Sonia Kronlund) en lien avec le travail à écouter  : deux portraits, deux femmes, deux parcours et deux attitudes.

Le travail des seniors (de Jérôme Sandlarz) : Catherine, 55 ans, qui s’heurte de plein fouet à la difficulté du chômage (mais pas que) après 50 ans,

Nadia, la dame de la cantine (de Marie Depleschin) : le quotidien professionnel de Nadia (mais pas que), « personnel technique » d’un collège du Nord.

[Arte] Carole Matthieu – vendredi 18 novembre 2016

Arte diffuse ce vendredi 18 novembre un film rare par son thème car le personnage principal est un médecin du travail (interprété par Isabelle Adjani). Le film se nomme « Carole Matthieu« .

Je n’ai pas vu ce film, sorti en 2016, quand j’écris ce billet. Je ne peux que donc vous invitez à le découvrir avec moi ce vendredi, voire de regarder la BA d’ici-là…

…voire d’écouter ces quelques mots convenus lors du festival d’Angoulême (pas celui de la BD !)…

…ou mieux les mots du réalisateur Louis Julien Petit qui fait le lien avec le roman « Les visages écrasés » (de Marin Ledun) qui a inspiré le film.

 

[France Inter] Grand bien vous fasse !

Deulogo france interx numéros de l’émission Grand bien vous fasse ! ont été consacrés au travail ces derniers jours.

Le premier avec un des auteurs (Julien Brygo et Olivier Cyran) du livre Boulot de merde traite de ces emplois. Le point de vue des auteurs est intéressant : ils défendent l’idée que les boulots utiles mal payés sont socialement qualifiés « de merde » alors que nombre de boulot inutiles, voire nuisibles et très bien rémunérés sont valorisés. Un paradoxe qui se discute … mais malheureusement pas assez, je trouve : l’émission aurait mérité d’être plus longue pour cela.

Le second est consacré aux entreprises humanistes avec pour invité Jacques Lecomte, auteur de Les entreprises humanistes, justement. Alexandre Jost est également invité : il est le président de la fabrique Spinozza. Vous l’avez compris, ils vont nous parler psychologie positive, bonheur et altruisme, avec de nombreux exemples à l’appui.